Sculptures

“La famille” bronze et cristal | “The Family” bronze and crystal, h. 34 cm, 2012

“La famille” bronze et cristal | “The Family” bronze and crystal, h. 34 cm, 2012

[débris]

Au commencement, il n’y a qu’une émotion. Parfois, c’est une profonde recherche intérieure, parfois une image entrevue, une silhouette ou un objet qui, apparemment banals, expriment plus que ce que l’on est capable de voir. Il ne s’agit pas de créer de nouvelles allégories ou des symboles complexes que le spectateur serait censé interpréter. Il s’agit plutôt de retrouver une métaphore poétique, souvent vague, que l’on pourrait déchiffrer sur le plan de l’émotionnel plutôt que de l’intelligence. Pour que cette émotion initiale vive et mûrisse, il faut la façonner en lui donnant une forme concrète. La technique de la cire perdue que pratiquent les sculpteurs et qui consiste à ajouter de la masse et à en façonner une forme, ne ressemble en rien à une méthode de travailler la pierre ou le bois qui permet d’extraire, dans une masse difforme, une forme quasi existante dans son intérieur. Elle suggère plutôt un acte de créer quelque chose du néant. Ce processus de création, qui fait naître un nouveau personnage, dure longtemps, parfois quelques mois. Au contact de l’œuvre d’Ewa Rossano, le spectateur ne se laisse pas seulement impressionner par la forme de ses réalisations artistiques mais surtout par les émotions qu’elles dissimulent. C’est dans la beauté inédite que réside leur essence. Et il ne s’agit pas uniquement d’une beauté formelle, perceptible dès le premier contact avec une œuvre mais surtout d’une beauté spirituelle, d’un mystère inscrit dans la vie humaine, mystère qui nous enchante et ne cesse de nous étonner. Ce qui fascine l’artiste dans la sculpture, c’est cette association singulière du bronze et du verre qui reflète fidèlement l’essence de la nature humaine, notamment l’union du corporel et du spirituel, difficile ou impossible à exprimer. La beauté apparaît déjà dans cette couche matérielle, une forme stable de bronze que l’artiste façonne avec une délicatesse exquise et recherchée.

Dominika Kowalewska

[fragments]

In the beginning is sensation. Sometimes, it can be deep inner experience, sometimes a perceived scene, a figure or an object which, being seemingly banal, can signify more than we are able to see. However, the creation of new allegories or complex symbols for the viewer to read is not the point here; it is rather the search for a poetic metaphor, not entirely precise, which can be deciphered by emotion rather than intellect. The next step is giving the sensation a form in which it might live and mature. The lost wax technique is based on addition: you add mass and form a shape from it. This technique does not resemble stone or wood carving at all, as carving is like ”digging out” a shape from a formless lump, which process frees the shape already present in it. The wax technique, however, is like the creation of something out of the void. This process of creation takes a long time, sometimes a few months, and, finally, a new figure appears. In his contact with Ewa Rossano’s works, the viewer is inspired not so much by their form but by the feeling they convey; the unspeakable beauty which is their essence. This is not the beauty in formal dimension, perceivable in the contact with a work but, first of all, spiritual beauty – a certain mystery encapsulated in life which constantly amazes us. Sometimes, it can be the sincere grace of a child, sometimes – a melancholic allure of sadness and longing, a joy of meeting someone, or approaching unknown metaphysical reality. The artist tries to uncover this beauty, to get closer to it and grasp it by a visual form.

 Dominika Kowalewska



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